Homme

N’aurions-nous de cesse que de considérer la sexualité comme l’expression d’une pulsion sauvage et autonome contraignant l’individu à une lutte acharnée pour tenter de la réprimer ? Et dans la foulée, de nous persuader que l’homme serait plus particulièrement à la torture car la testostérone –l’hormone du désir –, est en plus grande quantité chez lui ?

Une idée reçue qui repose sur une autre : d’un côté, l’homme serait en proie à des pulsions irrépressibles qui le conduiraient à ne pouvoir se contenter d’une seule partenaire. De l’autre, la femme serait sans désir, tournée vers son foyer.

La réponse est non. L’éjaculation peut susciter une authentique jouissance, une simple détente physiologique (comparable à celle procurée par le fait d’uriner), mais aussi une sensation douloureuse. En éjaculant, certains hommes sont submergés par le sentiment de ne pas être à la hauteur, ou éprouvent inconsciemment la sensation d’une perte d’eux-mêmes…

Bien souvent, la femme commet l’erreur de réduire la jouissance masculine à l’éjaculation. Et elle voit dans l’éjaculateur précoce un égoïste qui ne pense qu’à son plaisir. Alors qu’en fait cette situation s’accompagne pour lui d’une forte angoisse peu propice à la jouissance, et que cette précocité limite son plaisir. Car c’est dans sa capacité à prendre son temps, à faire grandir son excitation, qu’il a le plus de chance d’atteindre et d’amplifier sa jouissance, au même titre que le plaisir féminin.

Voilà un curieux raccourci ! Ne faut-il pas réfléchir cette affirmation, selon deux axes, à savoir : celui de l’homme dans l’expression d’un désir et celui de la femme dans la résonance de la demande qui lui est faite ? Les raisons de ce désir masculin peuvent être multiples

Avec cette question transparaît l’idée que la femme aurait le pouvoir sur l’érection de l’homme grâce à l’amour et au désir qu’elle lui inspire. Elle n’a pas de pénis, mais elle fantasme à l’idée de le faire se dresser ou pas. Mais que se passe-t-il quand il ne répond plus ? C’est l’image qu’elle a d’elle-même qui lui semble attaquée. « Ne suis-je plus désirable ? »

Il est assez fréquent que les hommes apprécient la fellation, ce qui est bien compréhensible : toute l’attention de la femme est portée à leur pénis. Elle le redessine par sa bouche, ses mains, comme une glaise qu’elle amène à un point ultime, et ils sont nombreux a être touchés par cet acte.

D’une manière générale, nous sommes difficilement tranquilles avec notre corps. Bien entendu les critères esthétiques d’une époque, permettent à certains de se sentir plus favorisés que d’autres. Malgré tout, ils n’en sont que rarement plus rassurés. Car derrière nos petits complexes, plus qu’une réalité mesurable, se raconte notre crainte de ne pas trouver notre place dans l’amour ou l’intérêt de l’autre et dans la société dans laquelle nous évoluons.

Lectures

Auteur de chronique mensuelle pour Psychologies magazine.

La Sexualité décomplexéeAuteur du livre "La Sexualité décomplexée"
2015 | Flammarion.

La Sexualité des femmes n'est pas celle des magazinesAuteur du livre "La Sexualité des femmes n'est pas celle des magazines"
2004 | La Martinière.

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La sexualite des Femmes n'est pas celle des magazines

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