Afin qu’il soit un univers ouvert sur le monde et sur les autres, un univers où les réflexions se rencontrent et s’enrichissent, proposez-moi vos commentaires et les références de vos lectures, vos billets d’humeur et vos touches d’humour…
- Vous êtes professionnels (médecin, psychologues, sexologues, philosophes, sociologues, historiens, journalistes…) proposez-moi vos articles pour compléter les miens !
- Vous êtes artiste peintre ou photographe et vous voudriez illustrer à votre tour ce site, prenez contact avec moi !
- Vous seriez intéressé par une collaboration ? Faites-vous connaître !

Vous avez des suggestions, idées ou conseils, des contacts à proposer, des liens internet à faire connaître, des annonces de conférences, d’évènements, de spectacles…
Eh bien dites-donc !

 

J'ai envie de sodomiser ma partenaire, est-ce que cela cache une tendance homo ?

Voilà un curieux raccourci ! Ne faut-il pas réfléchir cette affirmation, selon deux axes, à savoir : celui de l’homme dans l’expression d’un désir et celui de la femme dans la résonance de la demande qui lui est faite ? Les raisons de ce désir masculin peuvent être multiples

 

Il peut s’agir d’une envie d’éprouver l’étendue de ses capacités à pénétrer, à initier de nouvelles aventures, à posséder le corps féminin, à bousculer la pudeur de sa partenaire et y mesurer sa confiance ou à s’autoriser une représentation sexuelle ‘sauvage’ déculpabilisé par la participation sereine de sa compagne. Rien là dedans qui ne soit pas déjà actif dans d’autres jeux et pratiques sexuelles où s’exprime toute la fantasmatique masculine et la quête d’expressions viriles.

Bien sûr la pénétration anale à ceci de particulier qu’elle porte le poids d’un tabou moral et psychologique plus important, notamment parce qu’elle inscrit exclusivement le rapport sexuel dans la recherche de l’excitation et du plaisir, annulant la reconnaissance du but ‘naturel’ de l’accouplement et la fantasmatique liée à la possibilité de la procréation.

En effet même consciemment non désirée cette possibilité de grossesse ne manque pas de jouer un rôle dans la sexualité du couple. Et c’est peut-être à partir de ce point que la femme a une lecture différente de la demande de sodomie. Envisagée sous cet angle, elle ne manque pas d’y entendre ce qui en elle n’est pas reconnu : son vagin. Pour peu qu’elle perçoive très nettement -ce qui est heureux !- résonner sa propre excitation dans son sexe et y ressentir intuitivement ou plus concrètement toute l’étendue de ses capacités érotiques, que ce lieu ne soit pas entendu et reconnu par la présence en son sein du pénis ne manque pas d’être source de grande frustration.

Parce que le vagin rend compte de la spécificité féminine, parce qu’il flirte avec une autre spécificité celle d’enfanter, la femme, y voit le lieu de sa révélation et de son pouvoir.
Parce que le pénis révèle les contours de son sexe, et y propose la magie des vibrations de la jouissance et pourrait y déposer le sperme fécondant, la femme l’envisage plus que jamais dans toute sa virilité.

Que pouvons-nous entendre dès lors dans cette affirmation de tendance homo, si ce n’est la représentation que la femme se fait d’un homme qui ne lui apporte rien de ce qu’elle attend en priorité ?
Bien sûr le désir masculin de sodomie, surtout quand il est récurant voir obsessionnel, peut rendre compte de ce désinvestissement du féminin ou de la peur qu’il génère. Cette pratique peut-être la tentative de contourner, d’éviter la rencontre inquiétante en s’intéressant à une zone corporelle connue de soi. Mais de là à conclure que cela révèle un désir homosexuel ce serait une fois de plus une interprétation des plus sauvage.

Faut-il le rappeler, la sexualité est une aventure complexe qui se fraye un chemin au beau milieu de nos schémas fantasmatiques. Ainsi, créativité, liberté et inhibition se côtoient au quotidien d’une manière plus ou moins équilibrée, chacun faisant ce qu’il peut avec son histoire et ces représentations. Tout n’est pas pour autant acceptable et il est du devoir de chacun de poser et faire entendre ses limites.