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L’orgasme à tout prix ?!

Orgasme : Point culminant de l’excitation sexuelle qui se traduit par des sensations de plaisir intense. Voilà qui n’est décidément pas très clair, pourtant que de promesses ! Une ascension qui, sur le papier, séduirait même les pas très aventurières et pas très sportives !

 

Qui résisterait en effet aux appels des sommets du plaisir sexuel… et surtout si depuis 68, il en va de notre liberté alors qu’en des temps plus reculés il aurait été jugé et dès lors puni ou soigné ?

Notre inconscient peut-être et sa peur de perdre le contrôle du corps dans ce lâcher prise nécessaire ! Faudrait-il l’en blâmer quand ce contrôle si chèrement et fièrement acquis jours après jours nous a permis de nous construire et grâce auquel nous nous sommes faits justement des êtres libres. Libres d’échapper à notre mère par la marche, la coordination de nos gestes, la capacité à différer ou à répondre nous-mêmes à la satisfaction de nos besoins. Libres de sortir de notre dépendance à elle et de l’illusion que nous avions de sa toute puissance. Libres de penser et ainsi nous inscrire être sociable et non purement pulsionnel.

Et on voudrait que ce soit simple d’accueillir ce bouleversement intérieur qui fait perdre un temps durant (quelques secondes d’éternité) ce contrôle et ainsi nos repères corporels, oublier notre pudeur, éteindre notre raison ?

Evidemment non !

Mais le temps presse !

L’orgasme (et il en est de même du désir) n’est pas (plus ?) un projet personnel et intime mais une grille de lecture de notre valeur. Une unité de mesure de soi ? Du couple ?

La liberté sexuelle revendiquée devient : devoir ; la marche incertaine : symptôme.

Alors l’orgasme, ou plus exactement sa quête, fait vendre… et consulter !

Pour un mari, pour être comme sa copine, pour être normale (?)… pour être et valoir quelque chose, pour se sentir « contenante » de capacités.

Hier la maternité arbitrait la valeur d’une femme, aujourd’hui il semble que ce soit son aptitude à jouir (et désirer…désirer jouir s’entend !).

Le désir de ressentir un orgasme est bien entendu éminemment légitime.

Au même titre que faire un enfant, notre chaire nous y invite, plus encore, le réclame. Intuitivement nous nous sentons portées par nos élans internes qui tendent vers sa survenue.

Mais souvent notre inconscient nous joue des tours, au nom des enjeux de notre histoire passée ou présente, et s’y oppose ou freine des quatre fers. Et faudrait-il ignorer la responsabilité de notre soumission à un discours qui exhorte à la jouissance (hier c’était à l’interdit de la jouissance) et engendre  notre course folle et mécanique engagée au nom de la dite normalité du groupe, mais aussi au nom du désir de notre partenaire et ce, au détriment de notre singularité et son épanouissement ?

 

Si nous nous laissons aveugler par le but à atteindre (hier veiller à ne pas le laisser émerger) n’est-ce pas pour éviter le cheminement intime qui le précède et nous inquiète ? Un cheminement qui fait tout l’intérêt de la sexualité. Un cheminement aléatoire auprès de l’autre où se révèlent nos émotions, notre attachement à l’autre, notre abandon, notre puissance, notre fragilité… et sans lesquels il ne peut y avoir d’orgasme.

Puisque la société dans laquelle nous évoluons a libéré la parole et que la sexualité en a été la première bénéficiaire, lisons, interrogeons, interrogeons-nous, assouplissions notre corps…, mais non pour nourrir le projet d’un orgasme « prêt à porter » proposé à n’importe quel prix, mais pour mieux nous comprendre, mieux nous approprier notre sensibilité corporelle et émotionnelle. Pour être au plus près de nous-mêmes et ainsi disposées et disponibles… à l’orgasme pourquoi pas !

 

Mais dites-donc, ne trouvez-vous pas curieux que cet article soit classé dans la thématique femme ?  

L’orgasme ne concernerait-il pas l’homme si ce n’est sa capacité à le « donner » ou non ?

L’orgasme ne serait-il donc pas une aptitude masculine ?

Oh pardon ! Une évidence !?

Voilà qui mériterait quelques réajustements…article à suivre donc… évidemment !....