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Le vaginisme est-ce mécanique ?

Le vaginisme se caractérise par l’impossibilité d’une femme à être pénétrée. Il existe deux types de vaginisme : le vaginisme primaire, où celle qui en souffre n’a jamais fait l’amour et ne peut être pénétrée d’aucune manière, et le vaginisme secondaire, où la femme a déjà fait l’amour, a eu éventuellement des enfants, mais ne parvient plus à accueillir le coït.

 

Dans le premier cas, la femme témoigne de l’idée d’un vagin trop petit, d’un hymen trop solide, ou se croit mal formée. Cela pose la question des représentations qu’elle a d’elle-même, de son corps, de la maturité de son sexe, ou encore de l’idée qu’elle se fait de l’homme et de son pénis, ou du coït et de sa brutalité imaginée… Elle est bien souvent terrorisée par la question de la défloration qu’elle imagine telle une perforation sanguinolente.

Chez certaines autres ce sont les conséquences possibles de la sexualité qui sont effrayantes, et au premier chef : la grossesse. Faire un bébé, ce serait peut-être abriter un Alien dans son corps, qui risquerait de la déchirer, voire même de la tuer. Faire l’amour et faire des enfants obligent chaque femme à se donner un temps soit peu de légitimité face à ses parents. Quand l’angoisse d’être désirable ou au contraire leur être infidèle en rompant avec sa position d’enfant  est trop forte, l’inconscient  féminin tente de s’en protéger en mettant en place un symptôme qui empêche toute sexualité. 

Si l’absence de libido et plus généralement le mécanisme utiliser par l’inconscient pour éviter la sexualité, l’impossibilité d’être pénétrée témoigne d’un besoin de protection imparable. Comme toutes les peurs, elle se traduit donc par une hypertonie musculaire et dans le cas présent par une contraction des muscles du plancher pelvien qui entourent l'ouverture du vagin. Cette action reflexe involontaire, empêche de façon persistante toute pénétration vaginale, même désirée consciemment. Mais la tension ne se limite généralement pas à cette seule zone, les cuisses sont elles aussi souvent tendues, les jambes n’osent s’ouvrir et la position sexuelle choisie participe d’un coït impossible. Prenons la plus usitée, celle du missionnaire : la légère cambrure naturelle de la femme fait que l’entrée du vagin se trouve plus près du matelas que dirigé vers son partenaire. Or, la femme angoissée va encore accentuer cette courbure dans son besoin de défense : le pénis de l’homme va alors se heurter au pubis, il tombe sur un os…

Le vaginisme est un cumul de malentendus. La femme a peur, donc, elle se contracte et n’est pas en mesure d’être dans une position d’accueil. Mais qui est le partenaire d’une femme souffrant de vaginisme ? Elle se choisira un homme particulièrement bienveillant, lui même inquiet à l’idée de faire du mal, inquiet d’une position virile affirmée, ou dans un besoin de réparer ou protéger une femme ou encore dans l’inquiétude de faire face à la puissance féminine. Toute la difficulté est que la peur de chacun donne du crédit la croyance de l’autre. Le symptôme est donc là pour protéger et l’un et l’autre aussi il n’est pas rare qu’une fois disparu, pannes d’érections ou éjaculations précoces prennent quelques temps le relai… Et la femme souffrant de vaginisme secondaire ?

Malgré son expérience  et ses capacités sexuelles passées son corps témoigne d’une soudaine impossibilité. Se pose alors la question de l’événement traumatisant à l’origine de cette nouvelle organisation -accouchement, séparation, deuil, humiliation…-  ou de la simple goutte qui a fait déborder un vase que trop rempli réveillant la peur d’être désirante et pénétrée ou encore le besoin imminent de dire non. Un Non, jugé impensable qui trouve son expression dans un : « je voudrais bien, mais je ne peux pas »…