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Une sexualité libérée : Libre de votre sexualité ?

L’évolution de notre société et de la place accordée à l’individu et sa sexualité s’est faite tout au long de l’histoire au travers de va et vient entre périodes austères, répressives, révolutionnaires ou libertaires.

Mai 68 s’inscrit dans ce mouvement cyclique. Ses revendications féministes qui visent à la libération des mœurs, permettent (pour le sujet qui nous préoccupe) une reconsidération de la relation homme/femme et de la valeur de l’individu sexué au delà de sa seule fonction de parent. Plus que jamais la sexualité se revendique plaisir et les langues se délient.

Le désir du groupe semble s’effacer pour donner plus de place au désir de l’individu.

 

Mais dans ce grand élan de revendication, l’intimité sexuelle sort peu à peu de la chambre à coucher pour s’inviter à la terrasse des cafés, à nos tables, sur nos écrans, dans nos magazines donnant bien vite lieu à une exhibition des pratiques sexuelles réelles…ou fantasmées !

La société s’empare alors du projet individuel et normalise les expérimentations pour en faire les références d’une sexualité moderne …et libérée !

Votre sexualité est-elle libérée ou non ?

La réponse dépend de la capacité ou non à respecter (ou s’imposer) les nouveaux codes ou modes d’emploi de la pratique sexuelle, nés de cette mise en scène sociale et relayés par les médias.

Pourtant la question que pose une sexualité libre, n’est pas tant l’aptitude à une grande variété des pratiques ou des partenaires, une disponibilité sexuelle H24 ou encore une absence de pudeur comme on voudrait aujourd’hui nous le faire croire.

La question que pose une sexualité libre, peut-elle d’ailleurs s’inscrire dans ce qui est devenu devoir ? Devoir de performance et de jouissance pour témoigner de la valeur de l’individu, examen de passage à réussir …-et avec mention orgasme s’il vous plait !- sous peine de ne pas avoir de place dans la société.

Parce que les pulsions sexuelles émergent en un temps d’immaturité sexuelle (2ans1/2, 3ans), parce que la compréhension que nous en avons est encombrée des enjeux relationnels qui nous lient à nos parents, parce que de ce mélange des genres naissent culpabilité et peurs que le discours ambiant nourrit à son tour, et parce qu’elle est au cœur de jeux de pouvoir, la sexualité chemine et grandit tant bien que mal à la mesure de notre capacité à nous autonomiser.

L’autonomie se gagne avec le temps, les expériences de vie plus encore que les expériences sexuelles, mais aussi avec la capacité à « comprendre » ce que l’on joue ou rejoue, le plus souvent bien inconsciemment, dans le lien à l’autre et le regard sur soi-même dont la forme que prend notre sexualité en est une expression.

Répondre au désir de l’autre pour lui plaire, pour l’attacher à soi ; Attendre de l’autre qu’il nous révèle, qu’il nous rassure ; Contrôler l’autre, le posséder, le nourrir pour assoir son pouvoir ; S’exhiber, se cacher ; Se conformer à l’idée que l’on se fait de ce que l’on attend de soi, à l’image de ses référents ; Fuir la responsabilité de son désir, nier son désir ; Se faire violence, faire violence … Voilà quelques incontournables de la condition d’humain.

Gagner en autonomie vis-à-vis de soi-même c’est s’autoriser à ne pas être dupe de ses mécanismes présents en chacun de nous qui sont l’expression de notre évolution psychique pour peu à peu ouvrir ses possibilités et se sentir légitime et en paix dans sa sexualité. Légitimité et paix, n’est-ce pas justement là les deux maîtres mots de la liberté ?

« Prise de tête » pensez-vous quand la sexualité devrait n’être que spontanéité ?!

Imaginer que la sexualité serait l’expression d’une spontanéité ce serait la réduire à l’expression de nos pulsions. Ce serait faire de l’acte sexuel une réponse indispensable et urgente à l’inconfort de ce pulsionnel vécu soudainement envahissant. Et ce serait faire rentrer l’autre dans son urgence, l’utiliser comme objet de sa satisfaction et apaisement de ses tensions.

Alors que la sexualité humaine s’inscrit dans l’accueil et l’appropriation de son pulsionnel sexuel pour en faire un projet qui ne craint pas l’étirement du temps. Le projet d’une rencontre de l’autre quelque soit sa durée ou sa portée affective. La rencontre dans l’intimité des corps de deux individualités différenciées.

La sexualité ne nait donc pas libre elle se l’autorise avec le temps et l’autonomie que l’on s’accorde vis-à-vis de l’urgence que semblent imposer nos pulsions, autonomie vis à vis de notre lecture concernant une éducation reçue, une loi sociale posée, des référents parentaux et la possibilité accordée à une relecture ou une reconsidération de son mode de fonctionnement.

Il n’y a donc pas de société qui exonèrerait d’un tel cheminement. Il appartient à chacun de trouver et donner du sens à ce merveilleux élan qui nous fait être de communication et d’échange.

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