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Un Sexologue ?

La sexologie est une spécialité récente.

Les débuts du « regard » sur la sexualité, démarrent en 1900 avec Freud et la psychanalyse. Il énonce très clairement le rapport « intime » entre sexualité et développement psychique avec son fameux « Tout est sexe ». Il « appuie » sur cette base, les fondements de sa réflexion, c'est-à-dire les mécanismes et repères de notre inconscient.

 

50 ans plus tard, le rapport Kinsey s’avère être la première grande étude sur la sexualité. Cet entomologiste et zoologiste américain est le premier à se pencher sur les rapports sexuels humains d’un point de vue statistique. Il conduisit deux grandes études sur les comportements sexuels des hommes et des femmes, et crée en 1947 le premier « Institute for sex research », dédié à la recherche sur les comportements sexuels.

En 1966, Masters et Johnson, célèbres sexologues, américains eux aussi, et qui présentaient l’originalité d’être un couple dans la vie, publient « Human sexual response » (Les réactions sexuelles). Ils y étudient les aspects physiologiques de l’activité sexuelle après les avoir observés sur plus de 600 personnes.

Ce n’est qu’en 70, en pleine révolution sexuelle, que débute en France le métier de sexologue. Mais il ne sera pas encore question d’instituer une formation en la matière.

Les slogans de 68 s’étaient imprimés dans les esprits. Dont le fameux « jouir sans entraves ». L’ « officialisation » générale d’une séparation entre jouissance, procréation, sexualité et devoir conjugal qu’apporte la libération sexuelle, démocratise plus que jamais cette idée que le sexe peut être pratiqué dans le seul et unique but du plaisir.

Revers de la médaille: A partir du moment où il est question de revendication et de liberté, le fameux « jouir sans entraves » va vite prendre à son tour le courant du devoir. Ce qui était une liberté nouvelle et possible, devient une obligation absolue, un but en soi : Il faut, nous devons jouir sans entraves…

Se pose tout naturellement alors la question « Et si je n’y arrive pas ? »

Dès lors, les « Comment ? » et les « Pourquoi ? » cherchent auprès de médecins -dont la spécialité a un rapport avec la sphère génitale-, de généralistes -premiers et plus fréquents interlocuteurs des patients-, et de psychanalystes, les réponses et moyens pour s’inscrire dans la nouvelle norme.

Ainsi la pratique de la sexologie nait, se cherche, se perd parfois, se remet en question, s’affine, s’affirme… et parfois affirme que trop !

Ce n’est qu’en 1986, dans un souci d’homogénéité, que le premier cursus interuniversitaire de sexologie est créé. Le métier lui, ne sera légiféré qu’en 1996 seulement !

Si la législation a enfin donné un cadre au métier de sexologue il reste difficile de s’y retrouver tant les pratiques proposées sont nombreuses. Selon que le sexologue est médecin ou psychologue, psychanalyste, psychothérapeute ou encore kinésithérapeute sa pratique et son champ de compétence diffère. (En matière de pratique par exemple, seul le sexologue médecin est habilité à donner une prescription ou procéder à un examen médical. Seul le médecin et le kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale sont susceptibles de demander au patient de se déshabiller… Mais cette demande, même si elle est sollicitée par ceux-ci, n’est à aucun moment un ordre et ainsi peut être très légitimement refusée.)

Une merveilleuse diversité donc au service des patients et de la spécificité de leurs difficultés bien entendu mais qu’il convient de remettre en question, et éventuellement faire évoluer afin de s’approprier sa démarche thérapeutique.

Le praticien est là pour aider chacun à trouver son chemin, en accord avec sa propre liberté, sa propre créativité. Le patient est ainsi en droit d’attendre d’un sexologue qu’il ne lui impose pas sa vision de la sexualité, mais qu’il l’accompagne à la recherche de la sienne propre.

Rappelons que la sexualité est un élan de vie dans lequel s’affirme l’adulte, c’est donc en adulte que doit s’envisager sa position de patient et non dans un abandon de soi-même à une prise en charge du sexologue.

Si vous vous posez la question « Faut-il aller voir un sexologue et quand ?», la réponse dépend uniquement de vous.

Pour chacun d’entre nous, la sexualité a besoin de temps pour se construire. Elle évolue, s’affirme et se fragilise çà et là tout au long de notre existence. Il est légitime de perdre parfois nos repères, de douter ou de s’interroger, pour autant, il n’est pas toujours nécessaire de consulter. S’accorder du temps et de la curiosité permet le changement, l’apaisement et les libertés accordées. Pourtant si la situation est jugée inconfortable ou douloureuse d’un point de vue physique ou psychique, solliciter un sexologue peut s’avérer être un accompagnement précieux afin de ne pas s’enliser dans ses inquiétudes ou ses malentendus, afin de ne pas nourrir une mauvaise image de soi, de la sexualité, ou de la rencontre avec l’autre.

La souffrance psychique, comme la souffrance organique est un signe d’alerte qu’il convient d’écouter au nom du respect de soi et non au non d’une dictature du devoir de jouissance…